dimanche 13 mars 2016
Mon trésor... Contente de te voir grandir...
Mon trésor…
Contente de te voir grandir ma chère
Le 13 mars est toujours une fête pour moi !
Le jour qui a vu ta naissance …
Revient chaque année avec ses merveilleux souvenirs !
21 ans se sont écroulés …
Quelle belle maturité
d’une jeunesse gâtée !
Te voilà franchir une nouvelle année…
Comme je suis heureuse de toi,
Ma princesse, ma chérie et ma fierté !
Mon amour éternel, mon trésor et mon bien …
Je t’embrasse très
fort…
Te souhaite un joyeux
anniversaire
Et une bonne réussite !
Tu mérites tout le bonheur du monde
Mon cœur, mon âme et ma vie !
Ta maman Majdouline
jeudi 3 mars 2016
Ces mains, chargées de bagues ...
Les femmes qui ont de jolies
mains passent leur vie à se déganter. Les plus résolues mettent bravement leurs
gants en lambeaux en entrant dans un salon. Leurs gants sont toujours
détestables. Elles jouent alors tout à leur aise de leurs dix doigts, comme des
branches d'un éventail. Ces mains, chargées de bagues qu'il faut montrer, sont toujours
en lumière et miroitent à l'œil comme les baguettes d'un jongleur indien. On ne
peut se reposer de les voir qu'en fermant les yeux.
Pierre-Jules Stahl, L'esprit des femmes et les femmes d'esprit (1855)
Pierre-Jules Stahl, L'esprit des femmes et les femmes d'esprit (1855)
mercredi 6 janvier 2016
L’ampleur des vêtements permet une liberté du corps... une noblesse...
Celui qui dit que l’habit ne
fait pas le moine ne comprend rien aux femmes. Non seulement Zahr paraît autre,
mais elle se sent une autre. En endossant la robe de son pays, la robe portée
depuis des siècles par ses aïeules, elle a soudain l’impression de se
retrouver, la sensation que l’image que lui renvoie le miroir correspond à une
image intérieure d’elle-même, qu’elle reflète sa vraie personnalité, et que
jusqu’à présent, elle avait habité des vêtements étrangers. Elle qui n’a jamais
beaucoup aimé son apparence, qui ne s’est jamais trouvée tout à fait à l’aise
dans sa peau, pour la première fois se sent naturelle, en harmonie avec elle-même.
Sa démarche, tous ses gestes se sont faits à la fois plus gracieux, moins
brusqués, déliés. L’ampleur des vêtements permet une liberté du corps et des
attitudes, une noblesse que n’autorisaient pas les robes ni les pantalons
serrés à l’occidentale. Elle se reconnaît et elle se plaît.
Kenizé Mourad, Le jardin de
Badalpour
lundi 4 janvier 2016
La famille est réunie pour fêter les vingt ans de Selma
Dans le salon jaune que les kalfas ont orné
de bouquets d’hibiscus et de daturas, la famille est réunie pour fêter les
vingt ans de Selma. Sur la table de bois doré on a disposé les cadeaux
soigneusement enveloppés de papier glacé. […]
Nervin a allumé les
vingt bougies du gros gâteau au chocolat. Elle s’est levée l’aube pour la
confectionner, elle sait que sa princesse est gourmande : pour son
anniversaire, elle n’allait pas lui offrir un gâteau de la veille !
Rêveuse, Selma contemple les flammes qui
dansent, et peu à peu elle les voit se transformer, grandir, se
multiplier ; ce sont maintenant des centaines de flammes qui scintillent
sur les lustres de cristal de palais d’Ortakoy. Pour les anniversaires de son
enfance, on les allumait tous, en son honneur. Chaque détail lui revient de ces
fêtes somptueuses : l’orchestre féminin qui la réveillait en musique et,
tandis que les esclaves la faisait belle, continuait à jouer les airs quelle
aimait ; les douze petites kalfas qui venaient la chercher, vêtues de
robes neuves offertes par la sultane, et l’escortaient jusqu'au salon des
Glaces où son père l’attendait et sa mère ainsi que tout le personnel du
haremlik. A l’entrée de Selma, l’orchestre entamait l’air de l’anniversaire-
Chaque année on en composait un nouveau- et les kalfas lançaient au-dessus
d’elle une pluie de minuscules fleurs de jasmin qui parfumaient toute la pièce.
Alors commençait la distribution des cadeaux, les cadeaux que Selma
avait choisis avec la sultane pour chacune des esclaves et des dames du palais.
Car, en Orient, on sait qu’il y a encore plus de bonheur à donner qu’à
recevoir, et qu’un anniversaire doit être un jour de fête pour tous ceux vous
entourent. Enfin, lorsqu’au milieu des exclamations de joie, la distribution
était terminée, deux esclaves faisaient cérémonieusement glisser la tenture de
soie qui dissimulait une montagne de paquets de formes et de couleurs variées.
Il fallait bien à Selma deux ou trois heures pour tout ouvrir, tout
regarder. Il y avait là les petits présents offerts par les kalfas, les
suivantes et même les jeunes esclaves, il y avait « les paquets- farces »
de Hairi, et les magnifiques cadeaux de la sultanes et de Raouf Bey. Selma se
souvient tout particulièrement de son treizième anniversaire, le dernier… Son
père avait fait venir de Paris, de chez le grand bijoutier Cartier, une
pendulette si extraordinaire que la fillette n’avait d’abord pas compris de
quoi il s’agissait. Le cadran était en cristal entouré de perles et de diamants ;
de diamants aussi étaient les aiguilles ; et le balancier d’or, suspendu
entre deux colonnettes de quartz rose, se reflétait dans un socle de cristal de
roche.
Kenizé Mourad, De la part de la
princesse morte (p 230, 231)
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